Penn-ar-Bed/III

Je sais que la poésie n’est pas un produit de consommation; je vois bien ce qu’il y a de rhétorique dans le fait de dire que même les livres de poésie sont des produits de consommation, parce que la poésie au contraire échappe à cette consommation. Les sociologues se trompent sur ce point, il leurLire la suite « Penn-ar-Bed/III »

Penn-ar-Bed/I

Et Rennes répondit avec Quimper et VannesNous voici ô Paris Nos maisons nos habitants Ces grappes de nos sens qu’enfanta le soleilSe sacrifient pour te désaltérer trop avide merveilleNous t’apportons tous les cerveaux les cimetières les muraillesCes berceaux pleins de cris que tu n’entendras pasEt d’amont en aval nos pensées ô rivièresLes oreilles des écolesLire la suite « Penn-ar-Bed/I »

Michel Leiris en trois actes/III

Autour de mon œilla terreAutour de la terreton airle ciel que tu respires tandis que nous l’empoisonnons O mondej’écoutais ton glissement de rayonsà travers la silencieuse hucheoù dort le pain doré des miracles solairesdans la prison du jour dont le fleuve est la cruche O mon airles bruits du cœur s’arrêteront-ilsparce que parle celle quiLire la suite « Michel Leiris en trois actes/III »

Faire danser nos sens sur les débris du monde 

Tu m’as parlé de vice en ta lettre d’hierLe vice n’entre pas dans les amours sublimesIl n’est pas plus qu’un grain de sable dans la merUn seul grain descendant dans les glauques abîmes Nous pouvons faire agir l’imaginationFaire danser nos sens sur les débris du mondeNous énerver jusqu’à l’exaspérationOu vautrer nos deux corps dans uneLire la suite « Faire danser nos sens sur les débris du monde « 

Esprit des disparus

Cyprès toscans,Qu’est-ce ? Pliés comme sombre penséeEn laquelle le langage s’est perdu,Cyprès toscans,Faut-il en vous déceler un grand secret ?Et nos mots seraient-ils vains ? Inavouable secret,Mort avec un peuple mort et sa langue morte, et pourtantEn vous encore monument de Nuit,Cyprès étrusques. Ah, comme j’admire votre fidelité,Sombres cyprès, Est-ce le secret des étrusques auLire la suite « Esprit des disparus »

Bleu d’orage

La nuit, quand le pendule de l’amour balanceentre Toujours et Jamais,ta parole vient rejoindre les lunes du cœur et ton œil bleud’orage tend le ciel à la terre. D’un bois lointain, d’un bosquet noirci de rêvel’Expiré nous effleureet le Manqué hante l’espace, grand comme les spectres du futur. Ce qui maintenant s’enfonce et soulèvevaut pourLire la suite « Bleu d’orage »

Entretien dans la montagne

Tu sais. Tu sais et tu vois : ici la terre s’est plissée dans le haut, s’est plissée une fois et deux fois et trois fois, et s’est ouverte au milieu, et au milieu il y a l’eau, et l’eau est verte, et le vert est blanc, et le blanc vient de plus haut encore,Lire la suite « Entretien dans la montagne »

Psaume

Personne ne nous pétrira de nouveau de terre et d’argile, personne ne soufflera la parole sur notre poussière. Personne.  Loué sois-tu, Personne. C’est pour te plaire que nous voulons fleurir. À ton encontre.  Un Rien voilà ce que nous fûmes, sommes et resterons, fleurissant : la Rose de Néant, la Rose de Personne.  Avec le style, lumineux d’âme, le filet d’étamine, ravage du ciel, la couronne rouge du motLire la suite « Psaume »

Le château étoilé

On n’en finira jamais avec la sensation. Tous les systèmes rationalistes s’avéreront un jour indéfendables dans la mesure où ils tentent, sinon de la réduire à l’extrême, tout au moins de ne pas la considérer dans ses prétendues outrances. Ces outrances sont, il faut bien le dire, ce qui intéresse au suprême degré le poète.Lire la suite « Le château étoilé »