Bleu d’orage

La nuit, quand le pendule de l’amour balanceentre Toujours et Jamais,ta parole vient rejoindre les lunes du cœur et ton œil bleud’orage tend le ciel à la terre. D’un bois lointain, d’un bosquet noirci de rêvel’Expiré nous effleureet le Manqué hante l’espace, grand comme les spectres du futur. Ce qui maintenant s’enfonce et soulèvevaut pourLire la suite « Bleu d’orage »

Entretien dans la montagne

Tu sais. Tu sais et tu vois : ici la terre s’est plissée dans le haut, s’est plissée une fois et deux fois et trois fois, et s’est ouverte au milieu, et au milieu il y a l’eau, et l’eau est verte, et le vert est blanc, et le blanc vient de plus haut encore,Lire la suite « Entretien dans la montagne »

Psaume

Personne ne nous pétrira de nouveau de terre et d’argile, personne ne soufflera la parole sur notre poussière. Personne.  Loué sois-tu, Personne. C’est pour te plaire que nous voulons fleurir. À ton encontre.  Un Rien voilà ce que nous fûmes, sommes et resterons, fleurissant : la Rose de Néant, la Rose de Personne.  Avec le style, lumineux d’âme, le filet d’étamine, ravage du ciel, la couronne rouge du motLire la suite « Psaume »

Le château étoilé

On n’en finira jamais avec la sensation. Tous les systèmes rationalistes s’avéreront un jour indéfendables dans la mesure où ils tentent, sinon de la réduire à l’extrême, tout au moins de ne pas la considérer dans ses prétendues outrances. Ces outrances sont, il faut bien le dire, ce qui intéresse au suprême degré le poète.Lire la suite « Le château étoilé »

Nous n’épuisons pas l’amour

à Nina, notre petit ange, Vois, nous n’épuisons pas l’amour, comme les fleurs, en une seule saison ;lorsque nous aimons, une sève immémoriale monte en nos bras.Songe, ô jeune fille, qu’au fond de nous-même ce n’était pasun seul que nous avons aimé, ni même ce qui devait venir,mais le bouillonnement de l’innombrable ;non pas unLire la suite « Nous n’épuisons pas l’amour »

Correspondances

La Nature est un temple où de vivants piliersLaissent parfois sortir de confuses paroles ;L’homme y passe à travers des forêts de symbolesQui l’observent avec des regards familiers. Comme de longs échos qui de loin se confondentDans une ténébreuse et profonde unité,Vaste comme la nuit et comme la clarté,Les parfums, les couleurs et les sonsLire la suite « Correspondances »

Que ferais-je

que ferais-je sans ce monde sans visage sans questionsoù être ne dure qu’un instant où chaque instantverse dans le vide dans l’oubli d’avoir étésans cette onde où à la fincorps et ombre ensemble s’engloutissentque ferais-je sans ce silence gouffre des murmureshaletant furieux vers le secours vers l’amoursans ce ciel qui s’élèvesur la poussière de sesLire la suite « Que ferais-je »

Sous l’écorce des pierres

Homme, libre penseur ! te crois-tu seul pensantDans ce monde où la vie éclate en toute chose ?Des forces que tu tiens ta liberté dispose,Mais de tous tes conseils l’univers est absent. Respecte dans la bête un esprit agissant :Chaque fleur est une âme à la Nature éclose ;Un mystère d’amour dans le métal reposeLire la suite « Sous l’écorce des pierres »

Pour l’hiver épique

Je veux rendre grâce au divinLabyrinthe des effets et des causesPour la diversité des créaturesQui composent ce singulier univers,Pour la raison, qui ne cessera jamais de rêverAu plan du labyrinthe.Pour le visage d’Hélène et pour la persévérance d’Ulysse,Pour l’amour, qui nous permet de voir nos semblablesComme les voit la divinité,Pour le ferme diamant et pourLire la suite « Pour l’hiver épique »

Nous devons seulement essayer

Me voici donc à mi-chemin, ayant eu vingt années –En gros vingt années gaspillées, les années de l’entre-deux guerres –Pour essayer d’apprendre à me servir des mots, et chaque essaiEst un départ entièrement neuf, une différente espèce d’échecParce que l’on n’apprend à maîtriser les motsQue pour les choses que l’on n’a plus à dire, ouLire la suite « Nous devons seulement essayer »