Michel Leiris en trois actes/III

Autour de mon œil
la terre
Autour de la terre
ton air
le ciel que tu respires tandis que nous l’empoisonnons

O monde
j’écoutais ton glissement de rayons
à travers la silencieuse huche
où dort le pain doré des miracles solaires
dans la prison du jour dont le fleuve est la cruche

O mon air
les bruits du cœur s’arrêteront-ils
parce que parle celle qui connaît ma mesure
comme la plage connaît ses grains de sable
comme la ville connaît ses rues et ses maisons
comme la mer mesure aux croupes de ses golfes
l’arc-en-ciel des méduses
et le ressac des morts violentes?

O saison
le vide du cœur s’emplira-t-il
parce que la pluie tiède d’un visage
est apparue entre les feuilles?

Deux bouches en s’unissant pansèrent leur déchirure

saison d’orage
saison d’ombre

Michel Leiris, Haut-Mal, Gallimard, 1943.

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